Pinsa recette : la pâte italienne aux 3 farines expliquée

Pinsa romaine croustillante garnie de tomate, mozzarella et basilic, posée sur planche en bois

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Calculez votre pâte à pinsa (3 farines)

Obtenez les grammages précis selon le poids de pâte souhaité et le temps de fermentation.

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Temps de lecture estimé : 8 minutes

Points clés à retenir

  • Pâte à pinsa : 80% d’hydratation contre 60-70% pour une pizza classique
  • 3 farines indispensables : blé, riz et soja, chacune avec un rôle précis
  • Fermentation longue de 24 à 72h au réfrigérateur pour la digestibilité
  • Cuisson en deux temps à 220-250°C, précuisson puis garniture
  • Éviter le farinage excessif et les garnitures trop lourdes

Qu’est-ce que la pinsa et pourquoi elle diffère de la pizza

La première fois que j’ai goûté une pinsa, c’était dans une trattoria de quartier à Rome, loin des adresses à touristes. La pâte craquait sous la dent puis fondait, presque aérienne. Rien à voir avec la pizza que je connaissais.

On raconte souvent que la pinsa serait un plat antique, hérité des Romains qui écrasaient des céréales sur la pierre. C’est un joli mythe, mais il ne résiste pas aux faits. La pinsa moderne a été inventée en 2001 par Corrado Di Marco, un boulanger romain qui cherchait une pâte plus digeste que la pizza classique. Le nom vient bien du latin « pinsere », qui signifie étirer ou écraser, mais la recette telle qu’on la connaît aujourd’hui n’a rien d’ancestral.

Ce qui distingue la pinsa, c’est sa composition. La pâte associe trois farines : blé, riz et soja. Le blé apporte le gluten et la structure, le riz allège la mie et lui donne son croustillant caractéristique, le soja renforce l’élasticité tout en ralentissant le rassissement. Aucune des trois ne joue le même rôle, et c’est pour ça qu’on ne peut pas les permuter sans conséquence sur la texture.

L’autre différence tient à l’hydratation. Une pâte à pinsa contient environ 80 % d’eau, contre 60 à 70 % pour une pâte à pizza classique. Cette eau en excès crée des alvéoles plus grandes pendant la cuisson, d’où cette mie aérée qu’on reconnaît au premier coup de dent. C’est ça, le génie du lieu. Enfin, ici, le génie du geste : une pâte plus humide, plus longue à travailler, mais infiniment plus légère à digérer.

Pinsa : les 5 farines et leur rôle : Farine de blé T00, Farine de riz, Farine de soja, Hydratation 80%, Fermentation 24-72h

Ingrédients pour une pâte à pinsa maison

Pour 4 pinsas, je reprends les proportions qui fonctionnent le mieux chez moi, inspirées des recettes de référence : 650 g de farine T00, 40 g de farine de riz, 20 g de farine de soja, 10 g de sel, 10 g d’huile d’olive et 500 g d’eau très froide.

La farine de riz et la farine de soja se trouvent facilement en épicerie bio ou en magasin italien. Je déconseille de les remplacer par de la farine de blé seule : la texture s’en trouve changée, la pâte devient plus dense et perd ce croustillant qui fait tout l’intérêt de la pinsa.

Le choix de la levure

Les recettes traditionnelles, comme celle du moulin Caputo, utilisent environ 5 g de levure fraîche pour 1 kg de farine — un dosage bien inférieur à celui d’une pâte à pizza classique. Moins de levure, plus de temps : c’est tout le principe de la fermentation longue. On peut aussi travailler au levain naturel, mais il faut alors ajuster les temps de pousse à la maison, souvent plus longs.

Étapes de préparation de la pâte

Je commence toujours par une autolyse : mélanger les farines et l’eau froide, sans le sel ni la levure, et laisser reposer 20 minutes. Le gluten se développe tout seul, ce qui réduit le temps de pétrissage et préserve la structure de la pâte.

Vient ensuite le pétrissage, avec de l’eau glacée ajoutée progressivement — la recette Caputo recommande un mélange de 65 % d’eau et 30 % de glace pilée. Ce froid ralentit la fermentation pendant le pétrissage et évite que la pâte ne chauffe sous l’effet du frottement.

Le pointage au réfrigérateur

C’est l’étape que personne ne doit sauter : un pointage de 24 à 72 heures au réfrigérateur, contre 12 à 24 heures pour une pizza classique. Plus la fermentation est longue, plus les sucres et le gluten se transforment, et plus la pâte devient digeste. Ça mérite qu’on s’y attarde, vraiment.

Après division en pâtons, je laisse reposer environ 30 minutes à température ambiante avant le façonnage. La pâte se détend, elle s’étire plus facilement sans se rétracter.

Le façonnage « pizzicata »

La forme ovale n’est pas qu’esthétique. La technique italienne dite « pizzicata » consiste à étirer la pâte du bout des doigts, en pinçant les bords pour former une bordure irrégulière qui gonflera à la cuisson. On évite le rouleau à pâtisserie, qui chasse l’air et aplatit les alvéoles qu’on vient de mettre des heures à créer.

Cuisson de la pinsa au four maison

Dans un four à bois professionnel, la pinsa cuit à environ 200 °C. À la maison, on n’a pas cette chaleur tournante par le sol de pierre : je pousse donc mon four domestique à 220-250 °C, plaque ou pierre à pizza posée en position basse et préchauffée au moins 30 minutes.

Pour visualiser la texture recherchée une fois la pâte garnie, cette vidéo de Casa Bena Cuisine détaille bien le résultat croustillant dehors, moelleux dedans, qui doit guider la cuisson.

Je procède en deux temps : une précuisson à blanc de 3 à 4 minutes pour fixer la structure, puis on garnit et on termine la cuisson. Au total, comptez entre 5 et 12 minutes selon la taille de la pinsa, individuelle ou à partager.

Garnitures classiques et originales

La pinsa romana reste la référence : sauce tomate, mozzarella fior di latte, basilic frais ajouté à la sortie du four pour préserver son parfum. Sans chichis, mais avec soin — c’est souvent la garniture la plus simple qui met le mieux la pâte en valeur.

Pour varier, j’aime la version au jambon cru et à la roquette, déposés après cuisson pour garder leur fraîcheur, ou celle aux champignons de saison et à la crème d’ail doux. Les courgettes grillées avec un filet d’huile d’olive et de la burrata font aussi un très bon accord, à condition de bien égoutter les légumes avant.

Côté idées plus originales, une version figue-gorgonzola-noix en fin d’été change agréablement du répertoire salé habituel, et une pinsa au miel et au fromage de chèvre fonctionne très bien en apéritif à partager.

Erreurs fréquentes à éviter

La première erreur, la plus courante, c’est de trop fariner le plan de travail au façonnage. On absorbe alors l’humidité de surface, la pâte durcit et perd son croustillant caractéristique. Je préfère huiler légèrement mes mains et le plan de travail plutôt que d’ajouter de la farine.

La deuxième erreur, c’est de raccourcir la fermentation par manque de patience. Une pâte sortie du réfrigérateur après seulement quelques heures reste lourde et moins digeste, l’inverse de ce qu’on recherche avec la pinsa.

Enfin, une garniture trop généreuse empêche la pâte de cuire correctement au centre : l’humidité de la sauce et des légumes ralentit la cuisson et donne une pinsa molle. Je reviens toujours à la même question : est-ce que ça a du goût ? Une garniture plus légère, bien répartie, répond toujours mieux à cette question qu’un empilage généreux.

Conserver et réchauffer sa pinsa

La pâte crue se conserve 2 à 3 jours au réfrigérateur sans problème, la fermentation continuant lentement à se développer. Pour aller plus loin, je congèle mes pâtons individuellement après façonnage, enveloppés dans du film alimentaire : ils se conservent ainsi jusqu’à un mois, à sortir la veille au réfrigérateur avant utilisation.

Une pinsa déjà cuite se garde 1 à 2 jours au frais. Pour la réchauffer sans perdre le croustillant, j’évite le micro-ondes qui ramollit tout : direction le four à 200 °C pendant 5 à 6 minutes, posée directement sur la grille.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre pinsa et pizza ?

La pinsa se distingue par sa pâte à base de trois farines (blé, riz, soja), son hydratation élevée d’environ 80 % et sa fermentation longue de 24 à 72 heures. La pizza classique utilise une seule farine, une hydratation plus basse et une fermentation plus courte, généralement 12 à 24 heures.

Peut-on faire une pinsa sans farine de riz ni de soja ?

Techniquement oui, avec de la farine de blé seule, mais le résultat change : la mie devient plus dense, moins aérée, et le croustillant caractéristique de la pinsa disparaît en grande partie. Ces deux farines ne sont pas de simples options décoratives dans la recette.

Combien de temps peut-on conserver la pâte à pinsa au réfrigérateur ?

Entre 24 et 72 heures, ce qui correspond au temps de pointage recommandé pour développer pleinement les arômes et la digestibilité de la pâte. Passé ce délai, la pâte peut sur-fermenter et devenir difficile à travailler.

Pourquoi la pinsa est-elle considérée comme plus digeste que la pizza ?

La fermentation longue et le faible dosage de levure, environ 5 g pour 1 kg de farine, laissent le temps aux sucres complexes de se décomposer avant la cuisson. Ce processus rend la pinsa recette plus légère à digérer qu’une pâte à pizza fermentée rapidement.

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