Sauce yakitori : la recette maison, simple et parfumée

Brochettes de poulet yakitori nappées de sauce brune brillante sur une plancha en fonte

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Temps de lecture estimé : 7 minutes

Points clés à retenir

  • Base classique : 100 ml soja, 50 ml mirin, 50 ml saké, 2 c. à soupe de sucre
  • Verser la sauce en fin de cuisson pour éviter que le sucre ne brûle
  • Se conserve environ 2 semaines au frigo dans un bocal stérilisé
  • Fonctionne aussi sur porc, bœuf et poisson, pas seulement le poulet
  • Sans mirin, remplacer par soja + miel + vinaigre de riz

La recette de la sauce yakitori, en dix minutes chrono

Il y a cette odeur qui monte dès que le soja caramélise dans la casserole, sucrée et fumée à la fois. C’est celle qui accueille les clients dans les izakayas de Tokyo, celle qui a nourri mes soirs de reportage à Lisbonne quand je cherchais du réconfort dans un bol de nouilles japonaises. La sauce yakitori n’a rien d’un mystère technique : quatre ingrédients, une casserole, et de la patience.

Pour une version fidèle et rapide, je pars sur les proportions que je retrouve, à quelques variations près, chez la plupart des cuisiniers japonais amateurs : 100 ml de sauce soja, 50 ml de mirin, 50 ml de saké de cuisine et 2 cuillères à soupe de sucre, parfois relevés d’un morceau de gingembre frais râpé. On porte à ébullition douce, on laisse réduire dix à quinze minutes en remuant, et la sauce nappe le dos d’une cuillère. C’est tout.

Pourquoi cette sauce a traversé les siècles

Le yakitori est un plat populaire vieux de plus de 400 ans, des brochettes de poulet grillées au sel ou glacées à cette sauce tare, comme le rappelle le site spécialisé Oh My Bento. Ce n’est pas un hasard si la recette a si peu bougé : le soja fermenté, le mirin sucré-alcoolisé et le saké forment un trio équilibré que rien ne vient améliorer.

Sauce yakitori : la base en 5 ingrédients : Sauce soja, Mirin, Saké de cuisine, Sucre, Sans mirin

Sauce yakitori recette poulet : la base incontournable

Le poulet reste l’association historique, et c’est aussi la plus simple à réussir chez soi. On coupe les morceaux réguliers, autour de 2 à 3 centimètres, pour une cuisson uniforme sur la plancha ou à la poêle. J’ajoute souvent des tronçons de poireau ou de ciboule de 3 cm entre les cubes, comme on le voit dans les brochettes vendues à Tokyo.

La cuisson se fait en deux temps : d’abord à sec ou avec un filet d’huile, jusqu’à coloration, puis on badigeonne de sauce en fin de cuisson pour qu’elle caramélise sans brûler. Ça mérite qu’on s’y attarde : une sauce versée trop tôt tourne amère à cause du sucre qui carbonise.

Poulet sauce yakitori à la poêle, sans brochettes

Pas besoin de pique en bambou pour se régaler. À la poêle bien chaude, on saisit les morceaux de poulet quelques minutes, on baisse le feu, on verse la sauce et on laisse réduire en remuant jusqu’à ce qu’elle enrobe la viande d’un glaçage brillant. C’est la version que je fais un mardi soir, sans chichis, mais avec soin.

Pour visualiser la technique, cette vidéo de 750g détaille pas à pas la préparation du poulet nappé de sauce yakitori.

Poisson, porc, bœuf : la sauce yakitori au-delà du poulet

La sauce yakitori s’adapte à d’autres viandes et même au poisson, ce que peu d’articles détaillent vraiment. Sur du poisson gras comme le maquereau ou le saumon, elle joue le même rôle que la sauce teriyaki : elle glace, elle sucre, elle apporte une note umami qui masque l’excès d’iode. On la passe au pinceau en toute fin de cuisson, jamais avant, sous peine de dessécher la chair.

Sur le porc, en travers de porc ou en cubes d’échine, la sauce supporte une cuisson plus longue et une réduction plus poussée. Sur le bœuf, je préfère une version moins sucrée, avec un trait de vinaigre de riz pour couper le gras. Dans tous les cas, je reviens toujours à la même question : est-ce que ça a du goût ? Si la sauce masque la viande au lieu de la révéler, c’est qu’elle est trop concentrée.

Sauce yakitori marinade ou glaçage : deux usages, deux logiques

C’est une confusion fréquente et elle mérite d’être tranchée. En marinade, la sauce yakitori attendrit la viande pendant trente minutes à deux heures avant cuisson, mais elle brûle vite à la poêle à cause du sucre : il faut alors essuyer l’excédent avant de saisir.

En glaçage, on l’applique en fin de cuisson, en plusieurs couches successives, chaque passage laissant le temps à la précédente de caraméliser légèrement. C’est la méthode traditionnelle des yakitori-ya japonais, et c’est celle que je recommande pour un résultat brillant et parfumé, sans amertume.

Sauce yakitori Kikkoman : que vaut la version du commerce ?

La marque Kikkoman propose sa propre sauce yakitori, une recette de sauce soja naturellement fermentée agrémentée d’épices, de vin et de sucre, selon les informations relayées par le site Voyagez en Cuisinant. Elle dépanne un soir pressé, mais elle reste plus sucrée et moins ronde qu’une version maison où l’on maîtrise chaque dosage.

Un détail pratique à retenir : une fois ouverte, elle se conserve au réfrigérateur et se consomme dans les 3 mois. La sauce maison, elle, se garde dans un bocal stérilisé au réfrigérateur pendant environ deux semaines, en portant la préparation à ébullition avant de la mettre en pot.

Par quoi remplacer la sauce yakitori ?

Sans saké ni mirin sous la main, on peut composer une base honnête avec de la sauce soja, un peu de miel ou de sucre roux, et un trait de vinaigre de riz pour l’acidité que le mirin apportait. Ce n’est pas identique, mais l’esprit y est : du sucré, du salé, une pointe de fermenté.

La sauce teriyaki, plus connue en France, peut aussi dépanner à condition d’accepter un profil plus sirupeux. J’ai retenu l’adresse d’un traiteur normand qui utilise justement ce mélange sur ses brochettes de porc, faute de trouver du mirin dans sa région. Le résultat n’a rien à envier à l’original.

Tableau comparatif des dosages selon les recettes

SourceSauce sojaMirinSakéSucre
Version traditionnelle100 ml50 ml50 ml2 c. à soupe
Version Thermomix120 g80 g80 g50 g sucre roux
Version Cookidoo150 g80 g80 g15 g cassonade
Restauration collective (EGAlim)dose base + dashisucre de canne
Un conseil qui vaut pour toutes les versions : laissez toujours la sauce refroidir avant de la mettre en bocal, sous peine de condensation qui la fera tourner plus vite.

Yakitori recette traditionnelle : le geste japonais

Au Japon, le yakitori se prépare sur un binchotan, ce charbon de bois qui grille sans fumée âcre et donne cette croûte légèrement caramélisée si particulière. Chez moi, en Normandie, je n’ai ni le charbon ni le brasero adapté, alors je triche avec une poêle en fonte très chaude, et ça fonctionne étonnamment bien.

C’est ça, le génie du lieu : la sauce yakitori raconte un territoire entier, des rizières où pousse le riz du saké jusqu’aux petites échoppes de Tokyo où l’on grille debout, un verre de bière à la main. On ne mange jamais seul quand on partage une brochette bien glacée.

Questions fréquentes

Sauce Yakitori utilisation ?

Elle sert de marinade avant cuisson ou de glaçage appliqué en fin de cuisson sur viandes et poisson, en plusieurs couches pour obtenir une texture brillante et légèrement caramélisée sans brûler.

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